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 Le général Pinochet

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Louis

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Date d'inscription : 26/09/2006

MessageSujet: Le général Pinochet   Mar 12 Déc - 18:09

Le Chili et Pinochet, l'histoire non dite.

4 septembre 1970, le communisme arrive au Chili de manière hasardeuse par l'élection d'Allende : Le 4 septembre 1970, Salvador Allende, candidat de l'Unité Populaire (coalition de six partis), obtint 36,30% des voix aux élections présidentielles chiliennes face aux candidats Jorge Alessandri, du Parti National (34,98%) et Radomiro Tomic, de la Démocratie Chrétienne (27,84%). La gauche ne représentait donc qu'un tiers de la population. Malheureusement, la constitution ne prévoyait pas de second tour ; s'il y en avait eu un, on peut être assuré que jamais Allende ne serait parvenu à la présidence. Allende fut ainsi désigné -et non pas élu comme le veut la légende !- à la présidence par la chambre des députés, comme le prévoyait la constitution dans un tel cas, avec l'appui des démocrates chrétiens qui avait fait signer à Allende un pacte -qui ne sera jamais honoré- de respect de la constitution chilienne.

Quelles étaient les idées politiques des partis composant l'Unité Populaire ? Pour les dirigeants du Parti Radical, le moins gauchiste de la coalition : "Seulement en dehors du système capitaliste se trouve la possibilité d'une solution pour la classe travailleuse" ; "Le Parti Radical est socialiste et sa lutte est dirigée en vue de la construction d'une société socialiste" ; "Nous acceptons le matérialisme historique et l'idée de la lutte des classes comme moyen pour interpréter l'histoire" (Déclaration politico-idéologique approuvée lors le la 25e Convention nationale du Parti Radical en 1971). Pour le Parti Socialiste : "La violence révolutionnaire est inévitable et légitime. Il est le résultat nécessaire du caractère violent et répressif de l'État-classe. Elle constitue l'unique chemin qui mène à la prise du pouvoir politique et économique et à sa défense". "Il est possible pour le gouvernement de détruire les bases du système capitaliste de production. En créant et en élargissant l'aire de 'propriété sociale' aux dépens des entreprises capitalistes et de la bourgeoisie monopolistique, nous pourrons leur quitter le pouvoir économique" ; "L'état bourgeois au Chili ne peut servir de base au socialisme, il est nécessaire de le détruire. Pour construire le socialisme, les travailleurs chiliens doivent dominer la classe moyenne pour s'emparer du pouvoir total et exproprier graduellement tout le capital privé. C'est ce qui s'appelle la dictature du prolétariat" (Convention de Chillán de 1967). Nous sommes loin d'un soi-disant projet modéré (autre thème du mythe Allende) tellement vanté par la gauche internationaliste et tiers-mondiste. Allende confirma lui-même cette vision politique dans un entretien avec Régis Debray où il déclara que la signature du pacte de respect de la constitution n'était qu'une concession tactique.

Pour réaliser ce programme révolutionnaire, faussement appelé de "transition démocratique vers le socialisme" (contre la volonté de la majorité de la population chilienne), Allende employa plusieurs méthodes : l'intervention directe dans les entreprises, l'acquisition d'actions par l'état grâce aux réserves budgétaires et à déficit public massif, les réquisitions légales d'entreprises privées grâce à l'opération connue sous le nom d'Opération asphyxie. Pour ce genre d'opération, la tactique consistait à provoquer, grâce aux cellules de l'Unité Populaire et du Front des Travailleurs Révolutionnaires (le syndicat du terroriste Mouvement de la Gauche Révolutionnaire, coupables de plusieurs centaines d'assassinats, complaisamment couverts par Allende), des conflits sociaux et des grèves dans les entreprises privées pour ensuite les accuser de ne pouvoir maintenir la production et appliquer ainsi le décret-loi 520 de 1932 qui autorisait l'intervention du pouvoir central dans toutes les industries productrices d'articles de première nécessité. Dans une interview reprise par Der Spiegel, le Ministre de l'Économie, Carlos Matus confessait : "Si l'on considère la situation sur bases des critères économiques conventionnels, nous nous trouvons, en effet, en crise... Mais ce qui est une crise pour les uns est pour nous une solution". Tel était le projet marxiste : détruire de fond en comble la structure socio-économique chilienne pour pouvoir imposer la dictature du prolétariat.

Le gouvernement d'Allende s'empara également du système bancaire chilien. La prise de contrôle s'effectua par l'achat massif d'actions des banques privées grâce aux fonds publics (obtenus par une forte imposition ou par le recours à la planche à billet). Dans certaines occasion, la simple menace suffisait pour semer la panique chez les actionnaires et faire chuter les actions pour les acquérir à vil prix. L'inflation galopante ainsi créé et les "mesures destinées à la combattre" permirent d'établir un contrôle policier sur la population, qui aurait été autrement inacceptable. Cette inflation justifia l'imposition de prix maximum qui conduisit automatiquement (par manque de rentabilité) à une rupture de l'approvisionnement. Celle-ci servit de prétexte au gouvernement pour imposer un système de rationnement (chose jamais vue dans toute l'histoire du Chili) qui permit d'octroyer aux Juntes d'approvisionnement, naturellement contrôlées par les marxistes, des pouvoirs considérables pour contrôler la vie quotidienne des citoyens. Dans le même temps, en maintenant bas, par décret, les salaires des travailleurs qualifiés et des professions libérales, alors que se déchaînait l'inflation, le gouvernement affaiblissait la classe moyenne. L'objectif, comme on le voit, était la concentration de tout les pouvoirs entre les mains des partis marxistes. L'expérience chilienne mettait en évidence une vérité déjà prévues par les économistes autrichiens Von Mises et Hayek : le contrôle par l'État de l'économie est le "chemin de la servitude" qui finirait par étrangler les libertés individuelles, la vie privée et le pluralisme idéologique. Car une des autres cibles du gouvernement marxiste fut la presse et la liberté d'expression : attaques contre les journaux Mercurio,Tribuna, Mañana ; nationalisation de la maison d'édition Zig-Zag ; tortures (cas du directeur Maximiano Errázuriz, par exemple) et harcèlements de journalistes ; tracasseries multiples contre la chaîne de télévision Canal 13 ; etc.

Trois années d'expérimentations socialistes suffirent pour que le Chili se trouvât au bord de la guerre civile.

Le pays finalement resta sans réserves, ne fut-ce que pour importer les denrées les plus élémentaires (le 7 septembre 1973, le gouvernement marxiste annonçait que les réserves de farine ne pouvaient couvrir que quatre jours !). La production avait chuté de 10% chaque année après que les industries aient été nationalisées et dirigées par des commissaires politiques incapables, en remplacement des anciens propriétaires ou administrateurs. Suite à une hyper-inflation (de 500% en septembre 1973 !), les commerces étaient désapprovisionnés et la majorité des biens de première nécessité ne pouvaient se trouver qu'au marché noir. Finalement, la crispation sociale apparut de forme évidente. Avec la connivence du gouvernement Allende, de grands stocks d'armes (principalement tchécoslovaque) étaient introduits dans le pays et accumulés par les marxistes. Comme ce fut le cas avec l'envoi, en mars 1972, de treize caisse de "cadeaux personnels" de Castro à Allende qui furent arrêtés à la douane chilienne : une tonne d'armes et de munitions que le Ministre de l'Intérieur, rameuté dare-dare à l'aéroport pour rabrouer des fonctionnaires trop zélés, emporta vers la maison de Allende de la rue Tomas Moro. Avec ces armes, le Mouvement de la Gauche Révolutionnaire (MIR) développait une stratégie de "pouvoir dual" parallèle au gouvernement, avec des milices entraînées par 2.000 assesseurs, essentiellement castristes, nord-coréen et tchèques. L'objectif était de faciliter la transition au socialisme par le biais d'occupation illégales de terres et d'entreprises, ainsi que l'assassinat d'opposants -le plus marquant étant celui de Pérez Zujovic, démocrate-chrétien, ancien vice-président et ministre du gouvernement Frei, prédécesseur de celui de Allende-. Les marxistes se préparaient également à une guerre civile contre les Forces armées (et ce alors que le Chili était le seul pays latino-américain où l'armée n'était plus intervenu politiquement depuis plus d'un demi-siècle) qui, comme il était évident, préféreraient lutter avant de voir son rôle usurpé par une milice révolutionnaire et le pays mené à la ruine par le marxisme.




Le drame était que la constitution chilienne ne connaissait pas -à l'instar de celle des États-Unis, par exemple- de procédure d'impeachment. Le pouvoir législatif, majoritairement hostile au gouvernement Allende dès 1972, ne pouvait démettre le président. Pire, ce dernier bafouait le parlement lorsque, chaque fois qu'un de ses ministres était renversé par une motion de censure, il le gardait dans son gouvernement, mais avec un autre portefeuille. Finalement, après la Cour Suprême -qui, le 26 mai 1973, avait adressé une énième protestation contre les violations sans cesse répétées par l'exécutif des décisions de justice des tribunaux (Allende y répondra en déclarant qu'en période de révolution, c'était au pouvoir politique de décider de l'opportunité de l'application des décisions judiciaires) -, le parlement, le 23 août 1973, dans une résolution, approuvée à 81 voix contre 47, après le rappel des innombrables violations constitutionnelles et légales du gouvernement Allende, demande aux autorités et aux FORCES ARMÉES de mettre fin immédiatement aux situations de fait dont ils étaient fait mention. (Texte espagnol et traduction (approximative) en français) C'est ainsi qu'il y a exactement 30 ans, jour pour jour, le 11 septembre 1973, l'armée chilienne, sous le commandement du général Pinochet assiégea le Palais de la Moneda où s'était réfugié Allende, qui plutôt que de se rendre et partir en exil, préféra se donner la mort. Ainsi s'achevèrent trois années de socialisme à la chilienne.

C'est donc grâce à la Constitution de 1925, qui disposait que le candidat arrivé en tête du seul tour de scrutin de l’élection présidentielle était traditionnellement désigné par le Congrès pour devenir président de la République, Allende avait été porté à la magistrature suprême avec 36 % des voix populaires.
En 1980, dans une consultation, au demeurant surprenante en dictature, Pinochet fera adopter par 68 % de l’électorat une nouvelle Constitution prévoyant deux tours de scrutin rendant, ainsi, impossible l’élection d’un président à la majorité relative et, partant, le retour à l’aventure. « Le Nouvel Observateur », déjà cité, consacrera 47 lignes à l’événement et « Le Monde », 29 lignes en page 38 de sa livraison du 13 septembre et 20 lignes le lendemain.

C’est aussi par un entrefilet que ce quotidien apprendra à ses lecteurs que la gauche chilienne a finalement reconnu (avec un retard de dix-sept années) le suicide d’Allende, pourtant accepté comme tel par toute la classe politique chilienne le lendemain du coup d’État, à la suite du témoignage du propre médecin du président, le docteur Guijon-Klein, que j’ai personnellement bien connu durant mon séjour au Chili.

Avisé du suicide, Mitterrand laissera la gauche confisquer la mort courageuse que son homologue chilien avait choisi de se donner, en laissant se propager à des fins politiques, les thèses mensongères (et différentes l’une de l’autre) de Fidel Castro et de Gabriel Garcia Marquez.

(Augusto Pinochet)

Les bêtises des médias français

11 septembre 2003, a l'occasion du 30ième anniversaire de la chute du régime socialiste d'Allende, a récemment conduit les médias (de gauche) à rappeler à l’opinion ce qu’il était historiquement correct de retenir de cet épisode de l’histoire contemporaine de ce pays. En point d’orgue, le Maire de Paris (Delanoë) a inauguré, dans le VIIè arrondissement, une place Salvador Allende.

Vu de la presse :
Le carnage fasciste dénoncé par « Le nouvel Observateur » (n° 463 du 24 septembre 1973) ne fut pas l’épouvantable « bain de sang » qu’y avait vu Régis Debray. Le nombre de victimes ne fut heureusement pas de « plusieurs milliers » mais de 202 entre le 11 et 16 septembre. Il n’y eut pas, « quatre mois après le putsch, 20 000 personnes assassinées » (« Le Nouvel Observateur » du 4 mars 1974) ni, « jusqu’à l’été 1974, 30 000 assassinats politiques (Olivier Duhamel « Chili ou la Tentative »), mais 1 261 victimes en 1973, 309 en 1974, 119 en 1975, 139 en 1976 et 451 entre 1977 et 1990.

Ce bilan, au demeurant tragique, est celui de la Commission Rettig (du nom de son président Raul Rettig-Guissen, ex-ambassadeur de l’Unité populaire et ami personnel d’Allende) établit à partir des travaux des partis socialiste et communiste chiliens, assistés des principales associations de défense des droits de l’homme nationales et étrangères.

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Aujourd’hui, le Chili est le pays d’Amérique du Sud qui se porte le mieux. Il a réussi à passer à travers les crises qui ont secoué l’Argentine et le Brésil pour ne parler que d’eux. Cette situation est due aux choix de dirigeants, hier démocrates-chrétiens et aujourd’hui socialistes, qui ont décidé de ne pas remettre en cause les réformes indispensables imposées au forceps par les militaires à partir de 1975 : allégement draconien de l’appareil de l’État devenu protecteur et non plus bienfaiteur ; fonds de pension de retraite qui fonctionnent de façon satisfaisante depuis maintenant 23 ans ; médecine libérale ; scolarisation et lutte contre la pauvreté…
En 1982, interrogé par la presse chilienne avide de savoir s’il avait conscience de vivre dans une épouvantable dictature, l’ambassadeur de France, nommé au lendemain de l’arrivée de la gauche française aux affaires, s’exclamait : « Bien entendu, le Chili est une dictature ! Évidemment, ce n’est pas Cuba… ». Face à la tempête d’imprécations qui s’était aussitôt levée à Paris, le diplomate avait été rappelé en consultation et reçu par Mitterrand : « On le sait bien que ce n’est pas Cuba mais, de grâce, ne le dites pas ! ». Enfin rappelons qu'un fois le pays remis en marche, Pinochet organisa lui-même des élections démocratiques.



Source : Philippe Chesnay est l’auteur de l’ouvrage « Chili 1970-1990. Histoire d’une désinformation » publié en janvier 1997 par Godefroy de Bouillon.
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